au bout de la branche prête à casser
j’ai couru jusqu’au bout fixement
fou j’ai couru comme un amant perdu
jusqu’au bout de la plaine
jusqu’à atteindre l’arbre
et sa branche cassée
qui ouvre sur l’horizon
je suis né dans un arbre
j’ai la peau un peu rugueuse
et les bras tortueux
un épi à ma cime
et mes yeux qui s’inclinent
quand le soleil cogne la face
I may cry out my independence
I see only the resemblance to the father
and in his mistakes
You can say that it’s time to change
I would answer you
That there are
ineradicable things
These are my roots
finish at the same
there are many signs, many languages
just in light touch
sometimes severe
when everything is dug
soil, asphalt, stone, silence
nothing remains
dust, molecules sucked by the rhythm
through the skin
nothing comes
in this tumult
I’m furious
this is not a night
this is not a day
it is just a simple moment
in a between space
our bodies
and if what I heard
turned out
the back turned
close to the dark
in full daylight
it would be a blessed moment
is that what i forget
all the time spent
to each beat
of my walk
inside
It’s not just two possible ways ahead of me
there is also one behind me
this is my trinity
there was not enough hands to catch
the time spent waiting after
I regretted not just forget
and write a few words to say it will never surcease
des écarts chaque jour presque chaque heure passant d’un état à un autre de l’euphorie à l’inquiétude de la satisfaction à la déception
d’avoir tout à refaire
avancer le pas lent vers l’inaccessible
le corps lourd sans pour autant s’écrouler à terre
surtout ne pas revenir en arrière
c’est là que s’inscrit la démarche
manifeste de l’entre-prise
probablement la venue d’une nouvelle période ressemble à l’ancienne disparue
dans la foulée des gestes se suivent dans leur faculté à s’ignorer faire
car l’entreprise puissante à produire les multiples vertus perpétue les demeures
hélas trop tard pour revenir au centre et trop tôt pour en faire un ailleurs
nous sommes dans une génération qui se maintient
au bord d’un monde
on croit déjà qu’il n’y a plus de cœur qu’il serait historique ou comme figé
dans l’entre-deux d’une vitrine que désormais tout est dans le contour
et pourtant le mouvement nous aspire malgré nous
le cœur pompe rejette pompe expulse pompe avale pompe recrache pompe tant qu’il n’est pas encore mort
rien n’y fait dans ce monde qui recycle
l’entreprise réclame la poursuite des enregistrements
au bord donc maintenu dans des boites percées comme pour des sauterelles
au bord alors le bras qui se pose sur l’accoudoir marque le début du pardon
ou la fin de la résistance
atteindre le bord demande sans conteste plus de machines
Jamais de voie jamais deux voies
j’avais tracé pourtant hier par ici
le chemin qui irait jusqu’à ce comble
mais dans le surplus amoncelé
dans le trop-plein du vague
j’en ai perdu mon souffle
j’en ai perdu ma voix
pieds nus à écorcher la plante
sur les pierres trop pointues
